Conservation de l'hémione sauvage de Mongolie dans les sud et sud-est Gobi

Hémiones sauvages de Mongolie - Dzungarian Gobi - été 2004

 

L’Hémione sauvage de Mongolie ou "Khulan" en mongol (Equus hemionus subsp.), sous-espèce de l’Hémione sauvage d’Asie, est enregistrée dans la liste rouge de l’UICN (IUCN en anglais) comme « espèce menacée » ce qui signifie « espèce présentant un très haut risque d'extinction à l’état sauvage « . Cette sous-espèce est également enregistrée comme  « espèce menacée » dans le livre rouge de la Mongolie. Internationalement, cette sous-espèce est enregistrée en Appendice I de la Convention Internationale du Trafic des Espèces Menacées (CITES) depuis 1973, et en Appendice II de la Convention sur la Conservation des Espèces Migratoires d’Animaux Sauvages. (Pour en savoir plus sur le Khulan, rendez-vous sur la page « l’Hémione sauvage de Mongolie »).

 

La population de cette sous-espèce est aujourd'hui principalement concentrée dans le sud-est Gobi, avec une petite population également présente dans le sud-ouest de la Mongolie (Dzungarian Gobi). Depuis la fin des années 1990 cette population a connu un très fort déclin, ses effectifs étant en effet passés de 30 000 - 60 000 individus selon les estimations faites à l’époque, à moins de 20 000 individus dans toute la Mongolie selon le dernier recensement effectué en 2004. L'existence d'un braconnage illégal croissant de cette sous-espèce pour sa viande en diminue encore plus les effectifs année après année. 

 

Dans la région du Gobi, 99% de l’habitat est utilisé comme pâtures par le bétail. L’eau représente dans cette région une ressource critique pour les hommes, le bétail et la faune sauvage, mais y est malheureusement extrêmement rare et très dispersée. La plupart de l’eau, pour les hommes et le bétail, peut-être obtenue à partir de puits manuels de petite taille. Mais la grande majorité de ces puits sont tombés en délabrement depuis les années 1990, suite à la chute du régime soviétique. Face à ce manque de puits, les éleveurs et leur bétail sont donc forcés d’utiliser les points d’eau naturels, également utilisés par la faune sauvage, dont les Khulans. Ces derniers s’abreuvent préférentiellement au niveau de ces points d’eau naturels ou bien au niveau de trous qu’ils creusent eux-mêmes au niveau des lits des rivières ou points d’eau asséchés. Ils peuvent également utiliser des puits ou autres installations humaines qui amènent l’eau à la surface, quand ces derniers sont abandonnés ou bien pendant les périodes où ils ne sont pas utilisés par les hommes et leur bétail (Souris A-C, observations personnelles, 2008).

 

Une augmentation massive de mines d’extraction de métaux couplée à la construction de routes qui les relient à la frontière chinoise et à une forte fréquentation de ces dernières par les véhicules, une augmentation importante du braconnage illégal de cette sous-espèce pour sa viande avec la vente de cette dernière de main à la main dans la campagne et à la frontière chinoise, l’utilisation de certains organes du Khulan dans la médecine traditionnelle, ainsi qu’une augmentation des effectifs de bétail qui augmentent de ce fait la compétition avec la faune sauvage, dont les Khulans, pour l’accès aux ressources naturelles que sont les patûres et l’eau, sont aujourd’hui les principales causes de la baisse des effectifs de la population du Khulan et les principales menaces qui pèsent sur sa survie.

 

Même si la population locale voit le Khulan comme une espèce honorée dans la culture mongole, les pertes massives en bétail survenues suite à des hivers très rudes enregistrés ces dernières années ont conduit à une augmentation du braconnage de cette sous-espèce pour sa viande. Aussi, les éleveurs considèrent le Khulan comme le compétiteur principal avec leur bétail pour l’accès aux ressources vitales (pâtures et eau). Entraînant  une augmentation de la pression de la population locale sur le gouvernement mongol pour permettre la réduction des effectifs de l’Hémione sauvage de Mongolie et lui retirer son statut d’ «espèce protégée ».

 

A ce jour, très peu de recherches n’ont été conduites et ne sont actuellement conduites sur cette sous-espèce. L’Hémione sauvage de Mongolie étant en effet une espèce extrêmement sauvage et pouvant se déplacer sur de longues distances dans un court laps de temps et vivant dans un environnement très vaste, rendant ainsi son étude particulièrement difficile.

 

 

Face à la situation critique de l’Hémione sauvage de Mongolie et au peu de recherches et d’actions conduites in-situ pour sa conservation, Goviin Khulan s’est donc donné pour mission dans le cadre du Projet "Conservation du Khulan":

 

 

 

- de conduire des recherches sur l’écologie comportementale de cet animal ;

 

- de définir et mettre en place des actions pour sa conservation ;

 

- d’informer, sensibiliser et éduquer la population locale à la protection de cet animal, à la conservation de la biodiversité et à la gestion des ressources naturelles de son pays ;

 

      - d’impliquer directement la population locale dans notre projet et nos actions ;

 

      - de soutenir techniquement et financièrement les rangers travaillant dans les aires protégées du sud Gobi et de coopérer avec eux sur le long terme;

 

      - de soutenir la population locale dans ses activités ainsi que de soutenir l’éducation générale ;

 

      - ainsi que de participer à la conception de supports et à l’organisation de circuits touristiques, scientifiques et éthiques dans notre région d’étude.

    

 

 

   Pour en savoir plus sur chacun de nos objectifs, rendez-vous sur les pages correspondantes aux mots mis en gras et en bleu dans le texte.

 

 

Découvrez ICI les résultats de la mission conduite en 2008

 

Découvrez ICI les premiers résultats de la mission conduite en 2009